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Le monument des infirmières de Reims

Dossier mis en ligne en 2000-2005 sur le site « Histoire et mémoires des deux guerres mondiales en Champagne »,
actualisé et complété en 2023 sur le site « Histoire et mémoire 51 ».
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson.

Juliette Adam et le Comité d'honneur du monument

Le choix de Reims et de l'emplacement du monument dans la ville

L'inauguration du monument en 1924

La monument, ses sculptures et ses inscriptions

Le Livre d'Or des « nobles dames tombées au champ d'honneur »

Evelyn Shaw, FANY oubliée du Livre d'Or

La plaque commémorative du bombardement du 30 mai 1944

La tempête de 1999 et le ravalement de 2005

La plaque en hommage aux personnels soignants inaugurée en 2020

Un lieu de mémoire et de commémoration

Autres monuments dédiées aux infirmières recensés en France

Sources documentaires

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   Au début des années 1920, la Ville de Reims a été choisie pour y élever deux monuments emblématiques de la mémoire de la 1ère guerre mondiale :
- le premier est le monument national dédié « Aux héros de l’Armée noire » qui a été inauguré le 13 juillet 1924 à la sortie de la ville en direction de Châlons, à l’embranchement du Boulevard Henry Vasnier et de l’avenue du général Giraud ; il a été détruit par les nazis en 1940 et a été restitué à l’identique dans le Parc de Champagne où il a été inauguré par le président de la République Emmanuel MACRON le 6 novembre 2018 ;
- le second est le monument international « À la gloire des infirmières françaises et alliées victimes de leur dévouement » qui a été inauguré le 11 novembre 1924 esplanade Cérès.

Juliette Adam et le Comité d'honneur du monument

    Le monument « À la gloire des infirmières françaises et alliées victimes de leur dévouement » érigé à Reims après la Première Guerre mondiale, a été financé par une souscription internationale lancée par un Comité d'honneur fondé et présidé par Juliette ADAM, dont le secrétaire général était Auguste MAZURE.
   
Ce Comité
avait reçu le soutien
des plus hautes autorités de la République française et de nombreuses personnalités des pays alliés de la France pendant la Première Guerre mondiale.


   Onze nations figuraient sur la liste de ce Comité : « France, Angleterre, Belgique, États-Unis d’Amérique, Grèce, Italie, Japon, Portugal, Roumanie, Russie, Serbie ».
   À noter que c’est l’Angleterre qui figure sur cette liste, car le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, est une appellation qui n’a été adoptée officiellement qu’en 1927 après la guerre d’indépendance et la sécession de l’Irlande du Sud.

   Quant à la Russie, elle désigne la Russie tsariste qui avait envoyé en France en 1916 un corps expéditionnaire d’environ 50 000 soldats et officiers arrivés par Marseille pour combattre sur le front de l’Ouest. En 1924, l’Empire russe tsariste avait disparu et les Bolcheviques qui avaient accédé au pouvoir par la Révolution d’Octobre 1917, avaient signé une paix séparée avec l’Allemagne et proclamé en 1922 l’Union des Républiques socialistes soviétiques

Juliette Adam (1836-1936) photographiée par Nadar en 1896

   Juliette LAMBERT, épouse ADAM, était une femme de lettres, écrivaine, mémorialiste, polémiste et féministe, très engagée dans la défense de la République, qui a marqué la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe siècle, avant de devenir l’initiatrice du monument des Infirmières de Reims.
   Elle est née à Verberie dans l’Oise le 4 octobre 1836 et a passé son enfance à Chauny dans l’Aisne chez ses grands-parents avec sa mère, tandis que son père, médecin, ancien séminariste devenu libre penseur, s’était installé à Blérancourt où il affichait des convictions républicaines et socialistes.
   En 1853, à 16 ans, Juliette a épousé l’avocat Alexis LA MESSINE et de cette union est née une petite fille Alice. C’est sous ce nom de LA MESSINE, qu’elle a signé ses premiers écrits, en particulier un ouvrage intitulé Idées anti-proudhoniennes sur l’amour, la femme et le mariage, publié en 1858, qui dénonçait les propos misogynes et les attaques lancées par PROUDHON à l’encontre de son amie George SAND, et revendiquait l’égalité femmes-hommes. Cet ouvrage ayant connu un certain succès en librairie, son mari a demandé à en récupérer les bénéfices comme l’y autorisait alors la loi, ce qui a conduit le couple à se séparer. Mais le divorce étant alors interdit, elle a attendu le décès de son mari pour épouser en 1867 en secondes noces Edmond ADAM, avocat et conseiller d’État, qui avait condamné le coup d’État de Louis-Napoléon BONAPARTE le 2 décembre 1851. Juliette a fondé un salon littéraire et politique qui est devenu un foyer actif de l’opposition républicaine au Second Empire.
   Après la chute du Second-Empire et la proclamation de la République, son mari Edmond ADAM a été nommé à la tête de la préfecture de Paris, fonction qu’il a exercée jusqu’à la proclamation de la Commune de Paris que les époux ADAM ont désapprouvée.
   Sous la Troisième République, Edmond a été élu député en 1871 puis sénateur inamovible en 1875, sous l’étiquette Union républicaine, parti créé par Léon GAMBETTA.
   Juliette est devenue une femme d’influence, et son salon installé à Paris 23 boulevard Poissonnière puis 190 boulevard Malherbes, un des salons les plus en vue de la capitale, fréquenté par de nombreuses personnalités du monde politique, littéraire et artistique.
   Après le décès d’Edmond survenu en 1877, Juliette s’est recentrée sur ses activités littéraires. En 1879, pour faire contre-poids à La Revue des Deux Mondes qu’elle jugeait trop conservatrice, elle a fondé La Nouvelle Revue, revue bimensuelle dont elle est devenue la rédactrice en chef et dans laquelle elle invitait des féministes à s’exprimer. Elle y a elle-même publié des articles sur la condition féminine, et y a tenu la rubrique de politique étrangère.
   En 1882, Juliette ADAM a acheté le domaine de l’Abbaye Notre-Dame du Val de Gif où elle invitait le Tout-Paris et y organisait des fêtes mondaines.
   Républicaine et patriote, elle a un temps adhéré à ses débuts à la Ligue de la patrie française avant que celle-ci ne sombre dans une dérive antisémite. Elle a milité pour la revanche contre l’Allemagne de BISMARCK après la défaite de 1870, et le rapprochement de la France avec la Russie tsariste qui a conduit à l’Alliance franco-russe. Elle a posé en costume d’Alsacienne dans un portrait en pied réalisé par le peintre Charles FRANZINI D'ISSACOURT, qui a été présenté au salon de la Société nationale des Beaux-Arts de 1894.

   Au total, Juliette ADAM a produit une cinquantaine d’ouvrages, romans, mémoires, reportages, réflexions politiques, et des centaines d’articles, sous le nom de Juliette LA MESSINE, le nom de son premier mari, puis sous le nom de Juliette LAMBERT (sans t), par transformation de son nom de naissance, LAMBERT (avec un t), et sous le nom de Juliette ADAM, nom de son second mari.
   En 1904, elle a fait partie du premier jury du Prix Vie heureuse, qui est devenu le Prix Femina.
   Pendant la 1ère guerre mondiale, elle a hébergé des soldats en cantonnement dans sa propriété de Gif.
  Le 28 juin 1919 , le président du Conseil Georges CLEMENCEAU l’a invitée à la cérémonie de la signature du traité de Versailles.
   Après la 1ère guerre mondiale, devenue une dame âgée, « la grand-mère de la Patrie », elle a voulu mettre sa notoriété au service de ce qu’elle appelaitL’ŒUVRE. C’est ainsi qu’elle désignait le Comité pour l’érection du monument aux infirmières qu’elle a fondé et présidé, afin de rendre hommage à toutes ces femmes qui avaient, au péril de leur vie, porté secours aux soldats blessés sur tous les fronts de la guerre de 1914 à 1918.

   Juliette ADAM est décédée dans sa centième année le 23 août 1936 à Callian dans le Var où elle était venue s’installer chez sa fille.
   Elle est inhumée avec son mari Edmond ADAM dans le cimetière du Père Lachaise.
   À Paris dans le 17e arrondissement une rue porte le nom de Juliette LAMBER.
   À Verberie où elle est née, une rue porte le nom de Juliette ADAM, ainsi qu’à Gif-sur-Yvette où le collège a été baptisé « Collège Juliette Adam ».

   Les œuvres complètes de
Juliette ADAM ont été numérisées par la Bibliothèque nationale de France. Elles peuvent être consultées sur Gallica sa bibliothèque numérique, et réimprimées à la demande depuis 2013 par Hachette-BNF.

  

Le choix de Reims et de l'emplacement du monument dans la Ville de Reims

    L'exécution du monument des Infirmières de Reims a été confiée à l'architecte Charles GIRAULT, membre de l'Institut, et au sculpteur Denys PUECH, membre de l'Institut et directeur de l'Académie de France à Rome.

   La Ville de Reims a été choisie parce qu’elle était mondialement connue comme la « Ville martyre », symbolisée par les photographies de la ville et de sa cathédrale mutilée entourée de ruines.

                                                                             « La ville de Reims a payé le plus lourd tribut à la Première guerre mondiale avec près de 800 victimes civiles tuées
               suite aux bombardements incessants de l’ennemi allemand. Pendant quatre ans, la ville est bombardée 1.100 jours consécutifs. »

                                                                                                                                                                                                                                                 François COCHET  

   Le 15 février 1922, M. LIÉNARD, au nom de la Commission de Reconstruction de la Ville de Reims, a donné lecture devant le Conseil municipal d'une lettre datée du 23 janvier 1922, par laquelle l'architecte et le sculpteur désignés par le Comité du Monument aux infirmières informaient le maire que sa ville avait été choisie, parce qu'elle était « le point le plus favorable pour se souvenir de la Grande Guerre ».
   Ils demandaient qu'on leur fasse parvenir des plans de la Ville de Reims indiquant quelques emplacements possibles, et ils présentaient une photographie de la maquette du monument.
   Ce dernier, d'une hauteur d'environ 5 mètres, se composerait « d'un fût circulaire portant un haut-relief ayant pour sujet une infirmière qui, après avoir donné les premiers soins à un blessé, le remet aux mains d'un major », et sur lequel il était prévu de graver « les noms des infirmières mortes aux Armées ».
   La Commission de Reconstruction proposa au Conseil municipal
d'offrir le square de l'esplanade Cérès, comme emplacement pour ériger ce monument.
   Le maire,
Charles ROCHE, regretta que la maquette ait été réalisée avant le choix de l'emplacement et demanda qu'une légère modification soit apportée au couronnement du monument.
   Un élu, M. NOËL estima que le choix de l'emplacement n'était pas bon, que le monument serait mieux placé à l'entrée du cimetière de l'Est, et obtint un renvoi devant la Commission de Reconstruction.

   Des plans de la Ville de Reims furent envoyés à l'architecte GIRAULT, indiquant plusieurs emplacements possibles : le Cimetière de l'Est, l'esplanade Cérès, la place de la République, la Patte d'Oie.

   Le 3 mars 1922, l'architecte GIRAULT et le secrétaire général du Comité d'érection, Auguste MAZURE, accompagnés par le président de la Société des architectes de la Marne, M. ALLARD, se rendirent à Reims où ils visitèrent les différents emplacements possibles.
    À l'issue de cette visite, Charles GIRAULT informa le maire de Reims que l'emplacement du cimetière de l'Est était trop éloigné du centre de la Ville, et que le meilleur emplacement était l'esplanade Cérès :

   « De tous ces emplacements, l'esplanade Cérès nous a paru le plus convenable, par sa forme, par la disposition des plantations autour du point central qui sera occupé par le monument, de sorte que tout en s'imposant aux regards des passants, il ne serait pas en contact immédiat avec la circulation, probablement intense à cet endroit.
   M. Puech, mon confrère, et moi, nous serons heureux d'apporter tous nos soins à l'édification, dans la ville de Reims, d'un monument digne des grands souvenirs qui s'y rattachent.
»

   Il reconnaissait en même temps que son projet pouvait être remanié en accord avec la situation du lieu choisi.

   Le 10 mars 1922, le Conseil municipal de Reims, par 17 voix contre 7, a adopté les conclusions du rapport de la Commission de Reconstruction, présenté par M. LIÉNARD, qui proposait d'offrir au Comité du Monument aux infirmières l'emplacement de l'Esplanade Cérès située à la croisée du boulevard Lundy, du boulevard de la Paix, de l'avenue Jean-Jaurès et de la rue Cérès.

L'inauguration du monument en 1924

   Malgré la ferme opposition de quelques conseillers municipaux, le monument aux infirmières a donc été finalement érigé au centre du Square de l'Esplanade Cérès.

   Il a été inauguré le 11 novembre 1924, en présence du maire, Charles ROCHE et des autorités civiles et militaires de la ville, du cardinal LUÇON, archevêque de Reims, du pasteur GONIN, du rabbin HERMANN, du général PAU, président de la Croix-Rouge française, et d'une délégation des trois sociétés de la Croix-Rouge française : l'Association des Dames de France, la Société française de scours aux blessés militaires et l'Union des Femmes de France.


   Juliette ADAM
, âgée de 88 ans, s'excusa de ne pouvoir prendre la parole en raison de son grand âge, et fit lire par le secrétaire général du Comité d'érection, Auguste MAZURE, le discours qu'elle avait rédigé à cette occasion :

 « Si Reims fut choisie par notre Oeuvre, c'est que le nombre des victimes y a été plus grand que dans les autres villes du front bombardé [...]
    Aux premiers coups de canon tirés en Alsace, la mobilisation des Infirmières fut immédiate, préparée qu'elle était par la Croix-Rouge française, Oeuvre que nous sommes fiers de saluer ici en la personne de son noble président le général PAU.
    Saluons aussi l'incomparable dévouement de Mme PAU, de la Société de Secours aux Blessés militaires et de Mesdames les représentantes de l'Union des Femmes de France, de l'Association des Dames françaises.
   Plus nombreuses dans les villes plus grandes, qui pouvaient recevoir plus de blessés, les Infirmières eurent à Reims plus de victimes.
   Nos Soeurs étrangères accoururent. On sait ce que les Infirmières américaines ont apporté d'aide, donné de soins incessants, de dévouement courageux à nos blessés et aux leurs.
   Nous saluons aujourd'hui Mme COX BENET, qui les représente dans notre Oeuvre.
   Nous saluons M. COTY, notre plus généreux donateur.
   L'Angleterre, notre alliée de la première heure, avait mobilisé les mères, les soeurs de ses fils qui combattaient avec les nôtres ; le Portugal, la Grèce, le Japon, la Serbie, la Roumanie, la Pologne, les Tchèques, nous avaient envoyé leurs Infirmières.
   Toutes ces nobles femmes ont donné aux combattants le secours immédiat et l'espoir d'une courte ou lente guérison. Toutes ont laissé dans le coeur de ceux qui ont survécu à l'horrible hécatombe le noble sentiment de la reconnaissance.
   Monsieur le Maire, au nom du Comité de notre Oeuvre, j'ai l'honneur de remettre ce Monument à la garde de la Ville-Martyre, et de vous offrir pour ses archives le Livre d'Or où sont inscrits tous les noms que nous avons pu recueillir de celles qui, jusqu'à la mort, se sont dévouées à nos enfants.
»

Le monument, ses sculptures et ses inscriptions

Sur la base octogonale

   Élevé au centre de l'Esplanade Cérès, rebaptisée en 1932 Place Aristide BRIAND, le monument aux infirmières de Reims est constitué  d'une colonne cylindrique de 5 mètres de hauteur, entourée dans sa partie supérieure d'une frise de lauriers et surmontée d'une urne funéraire entourée d'une guirlande et décorée de pommes de pin, symbole d'éternité.
  Cette colonne est dressée sur une base octogonale décorée d'une frise de coquilles Saint-Jacques où sont gravés la croix de la Croix-Rouge française qui a soutenu et porté ce projet aux côtés de Julie ADAM, et les noms des nations alliées de la France pendant la 1ère guerre mondiale.

Face au boulevard Lundy : « Pologne - Grèce - Portugal - Japon - Australie - Canada - France - Grande-Bretagne - Italie »

Face au boulevard de la Paix : « Belgique - États-Unis d'Amérique - Union Sud-Africaine - Indes - Russie - Roumanie - Serbie »

Les sculptures

   Deux sculptures intégrées en hauts-reliefs à la colonne font face à la rue Cérès et à l’avenue Jean-Jaurès :

Face à la rue Cérès : deux infirmières portant secours à un soldat blessé

Face à l'avenue Jean-Jaurès, au-dessus de l'inscription « 1914-1948 » : un ange ailé apportant des roses, symbole de renouveau

Les inscriptions

    Deux inscriptions sont gravées sur le monument faisant face au boulevard Lundy et au boulevard de la Paix :

Face au boulevard Lundy :
« À l'appel généreux de Juliette Adam ce monument a été élevé par souscription internationale en mémoire de toutes les infirmières des nations alliées qui ont péri victimes de leur dévouement. La Ville de Reims garde pieusement en ses archives le Livre d'Or des nobles femmes tombées au champ d'honneur »

Face au Boulevard de la Paix :
 « Sur terre et sur mer elles ont partagé les dangers du soldat. Elles ont bravé dans les hôpitaux bombardés et torpillés le feu de l'ennemi, la contagion, l'épuisement. En consolant la douleur elles ont aidé la victoire. Honneur à elles. Elles vivront à jamais dans le souvenir de leurs patries fières et reconnaissantes »

Le « Livre d'Or des nobles femmes tombées au champ d'honneur »

   En 1922, le Comité d'érection du monument avait souhaité qu'« au pourtour du fût soient gravés les noms des infirmières mortes aux Armées », projet qui a été finalement abandonné en raison du nombre trop important qu'il aurait fallu inscrire sur le monument aux infirmières qui, comme le monument aux morts de Reims inauguré plus tard en 1930 et pour la même raison, est donc un monument sans nom.
   L
inscription gravée sur le monument « La ville de Reims garde pieusement en ses archives le Livre d'Or des nobles femmes tombées au champ d'honneur » nous a longtemps laissé perplexes, car aux archives municipales, on n’avait pas trace de ce Livre d’Or, finalement retrouvé en 2005 dans les archives de la Croix-Rouge rue Houzeau-Muiron.

  
   Sur le « Livre d'Or des nobles femmes tombées au champ d'honneur » sont inscrits 1 001 noms d'infirmière qui ont pu être recensés et recueillis après la guerre. Ces infirmières étaient pour la plupart des infirmières civiles, laïques, professionnelles diplômées ou bénévoles parfois formées de façon sommaire, appartenant aux différentes organisations de la Croix-Rouge créées dans les pays alliés ou à différentes organisations caritatives, qui étaient devenues des auxiliaires des services de santé des armées. Vingt-et-un noms de religieuses (18 en France et 3 en Belgique) figurent sur le Livre d'Or.

   La liste des nations qui figurent sur le Livre d’Or diffère un peu de la liste des nations qui figuraient dans le Comité d’érection du monument. L’« Angleterre » fait place à l’« Empire britannique » intégrant l’« Afrique du Sud », l'« Australie » et le « Canada ». La « Pologne » a été ajoutée ; partagée à la fin du XVIIIe siècle entre la Prusse, l’Empire russe et l’Autriche-Hongrie, elle a retrouvé son indépendance, proclamée dès le 11 novembre 1918.
  
   Parmi les infirmières dont les noms sont inscrits sur ce Livre d’Or, 435 (43 %) appartenaient à l’Empire britannique, 283 aux États-Unis, 211 à la France, 33 à l’Italie, 22 à la Belgique et 18 à la Roumanie.

    Le Japon et le Portugal portent la mention « De toutes les infirmières qui donnèrent leurs soins sur le front continental, aucune ne fut victime de son dévouement ». Aucun nom n’est inscrit pour la Grèce, la Pologne, la Russie et la Serbie.

   S’agissant de la France, les 211 noms ne concernent que les infirmières civiles appartenant aux trois sociétés de la Croix-Rouge française. Selon un article mis en ligne sur le site du Souvenir Français le 30 avril 2020, le nombre total des infirmières françaises qui se sont dévouées auprès des soldats blessés ou malades tout au long du conflit, a atteint 100 000 dont 70 000 bénévoles.
   Elles ont constitué ce qu’Émile BERGERAT, journaliste au Figaro a appelé dans un article daté du 29 décembre 1915 « La Quatrième Armée : Notre France de 1914-1915 aura eu pour la défendre quatre armées unies d’alliés en une seule quoique distincte – celle d’abord que les bonnes gens d’autrefois appelaient l’armée de guerre, puis l’armée des oiseaux (l’aérienne), ensuite l’armée financière et enfin l’armée des infirmières […] »

   Au total, 350 sont mortes pour la France au cours du conflit ; 3 000 ont été décorées.

   Le nombre des infirmières françaises (211) qui figurent sur le Livre d'Or est sensiblement moins élevé que celui des infirmières de l'Empire britannique (434) et que celui des infirmières des État-Unis (283), pays pourtant entré en guerre tardivement en 1917. Ce décalage s'explique sans doute par le fait que les infirmières françaises étaient toutes des infirmières civiles appartenant aux sociétés de la Croix-Rouge, qui se dévouaient essentiellement dans les hôpitaux de l'arrière, alors que les infirmières britanniques et américaines, qu'elles soient militaires ou appartenant à des organisations et sociétés caritatives, devenues des auxilaires des armées, se sont davantage exposées en conduisant des ambulances, en venant au secours des blessés au plus près du front, et parfois à proximité des premières lignes, ou encore en servant sur des navires-hôpitaux.

   


RÉCAPITULATIF DU LIVRE D'OR

Belgique (22)

dont une infirmière française, une infirmière anglaise, et trois infirmières religieuses

Empire britannique (434)

ANGLETERRE : 346 infirmières
Queen Alexandra's Royal Naval Nursing Service  (10)
Queen Alexandra's Imperial Military Nursing Service (122)
- Territorial Force Nursing Service (56)
- Joint War Committee of the Order of St.John and the British Red Cross Society (5)
Names of Volontary Aid Detachment Members (153)


AFRIQUE DU SUD : 14 infirmières appartenant à la South African Red Cross Society

AUSTRALIE : 21 infirmières appartenant à l'Australian Red Cross Society

CANADA : 53 infirmières
Canadian Red Cross Society (39)
Canadian Nurses Serving with the American Nurse Corps (12)
Canadian Nurses Serving in the Imperial Service (2)

[ NAVAL AND MILITARY HOSPITAL SHIPS SUNK (12) : Anglia, Britannic, Dover-Castle, Galeka, Glenart-Castle, Lanfranc, Letitia, Llandovery-Castle, Rohilla, Rewa, Salta, Warilda ]

États-Unis d'Amérique (283)

American Red Cross Nurses : 273  dont Reserve, Army Nurse Corps (89) et Navy Nurse Corps (1)
Regular Nurses, Nurse Corps, U.S. Army : 10

[ SANITARY FORMATIONS SUBJECTED TO ENEMY BOMPS :
Fields Hospital : Cheppy (3), Villa Chamblon (5), Condé en Brie (7), Cheppy (12), Montfaucon (126), Caply (13), Somme-Py (15), Cuisy (19), — 21, SEPTsarges (25), Château-Thierry (125), Bethincourt (129), Apremont (309), — (312), Dieulouard (128), Eclisfontaine (353), — (354), — (355), — (356), Septsarges (360), Montourville (36), Nantillois (319), Bantheville (356)
Evacuation Hospital : Coincy (4), Fromereville (4), Château-Thierry (6), Château Montanglaust (7)
Ambulance Company : Bacouel (3), Montfaucon (5), Septfarges (5), Nantillois (17)
Red Cross Hospital : Jouy-sur-Morin (107)
Base Hospital : Camiers (5) ]

France (211)

- Association des Dames de France : 28
- Société française de secours aux blessés militaires : 131 dont 18 religieuses et 13 tuées par bombardement
- Union des Femmes de France : 52

[ AMBULANCES ET HÔPITAUX DU FRONT BOMBARDÉS : 13
Beaurieux, Benoite-Vaux, Braine, Châlons-sur-Vesle, Château de Nantivet, Château-Thierry, Courville, Glennes, Jonchery, Indes, Louvois,Saint-Gilles (H.O.O.E.), Sommes-Suippes
HÔPITAUX AUXILIAIRES BOMBARDÉS : 25
Abbeville, Amiens, Arras, Bar-le-Duc, Bruyères-en-Vosges, Calais, Châlons-sur-Marne, Chantilly, Commercy,
Compiègne, Crépy-en-Valois, Dormans, Dunkerque, Épernay, Fère -en-Tardenois, Fismes, Mareuil, Montdidier,
Nancy, Noyon, Paris (Peupliers), Pont-à-Mousson, Port-à-Binson, Reims, Verdun ]

     

Grèce
(Aucun nom)

Italie - Crossa Rossa Italiana : 33

Japon

                « De toutes les infirmières qui donnèrent leurs soins sur le front continental, aucune ne fut victime de son dévouement.»

Pologne
(Aucun nom)

Portugal

 « De toutes les infirmières qui donnèrent leurs soins sur le front continental, aucune ne fut victime de son dévouement.»

Roumanie : 18

Russie
(Aucun nom)

Serbie
(Aucun nom)

TOTAL : 1 001 « nobles femmes tombées au champ d'honneur »


Le Livre d'Or
(À télécharger au format PDF)


Evelyn Fidgeon SHAW, FANY oubliée du Livre d'Or du monument aux infirmières de Reims

Imperial War Museum

   Dans le Carré militaire britannique du cimetière de Sézanne (Marne), repose la dépouille d'Evelyn Fidgeon SHAW décédée le 24 août 1918, unique femme reposant dans ce carré militaire.
   Elle appartenait au corps du First Aid Nursing Yeomanry (FANY), une organisation caritative féminine indépendante, créée en 1907 qui a été engagée dès le début de la 1ère guerre mondiale sur le continent, particulièrement en Belgique. À l'origine, ce corps était constitué de cavalières issues de familles de l'aristocratie. Pendant la 1ère guerre mondiale, elles ont prouvé au volant de leurs ambulances que les femmes pouvaient faire plus que tricoter, soigner et cuisiner.

   Evelyn SHAW est née en 1881 à Aston, une ville appartenant aujourd'hui à l'arrondissement métropolitain de Birmingham dans les Midlands.
   Célibataire, elle a rejoint le corps des FANYs dès le début de la guerre et a servi comme conductrice d'ambulance dans la Marne où les FANYs s'étaient mises au service de la Société de secours aux blessés militaires, rattachée à la Croix-Rouge française.
   En juin 1918, elle a servi dans l'Unité 7 des FANYs installée à Sézanne, unité qui a été décimée par une épidémie de dysentrie.
   Elle s'est dévouée à ce poste jusqu'à ce qu'elle soit atteinte à son tour par l'épidémie.
   Hospitalisée,
elle est décédée d'une perforation intestinale le 24 août 1918 à Sézanne où elle a été inhumée avec les honneurs militaires.
   Le 25 septembre 1918, elle a reçu à titre posthume la Croix de guerre avec palme avec la citation :

 « Conductrice d’ambulance volontaire d’un dévouement et d’un courage au-delà de tout éloge. Elle s’est donnée sans compter, avec un suprême mépris du danger et de la fatigue au service d’évacuation des blessés dans des circonstances souvent difficiles et sous les bombardements de l’aviation ennemie. Décédée des suites d’une maladie contagieuse contractée dans l’accomplissement de son devoir »
                                                                                                                                 
                                                                                                   Le général en chef, Philippe Pétain

   Le 24 août 2018, un hommage a été rendu à Evelyn SHAW dans le carré militaire britannique de Sézanne par une délégation de la FANY conduite par leur aumônière, Canon Flora WINFIELD, les associations d'Anciens combattants de la Marne et le Souvenir Français.

Stèle numéro 40, au bout de la rangée A, accolée à la haie qui sépare le carré militaire britannique du cimetière communal de Sézanne

   À Londres, le nom d'Evelyn SHAW est gravé au-dessus de la plaque commémorative ddiée aux FANYs de la 2e guerre mondiale, apposée sur le mur extérieur de l'église Saint-Paul dans le quartier de Knightbridge.

« 1914 - Evelyne Fidgeon SHAW Croix de guerre - 1918 »
(Sur le site de Look up London)

   Tout au long du conflit les FANYs ont été engagées sur les différents fronts en particulier dans l'organisation des convois d'ambulances qui allaient chercher les soldats blessés ou gazés dans les postes de secours des premières lignes pour les évacuer dans les hôpitaux militaires de l'arrière.
   Pourtant, sur le Livre d'Or du monument aux infirmières de Reims ne figure ni le nom d'Evelyn Fidgeon SHAW, ni aucun autre nom d'infirmière appartenant au corps des FANYs qui a été oublié, ce qui laisse penser que le nombre des infirmières dont les noms sont inscrits sur le Livre d'Or (1 001) ne comptabilise pas la totalité des infirmières « mortes au champ d'honneur » entre 1914 et 1918.

La plaque commémorative du bombardement du 30 mai 1944 apposée par la Croix-Rouge

   Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, une plaque commémorative a été ajoutée à la base du monument face à la rue Cérès, à la mémoire des infirmières et brancardiers de la Croix-Rouge tués lors du bombardement allié du 30 mai 1944 qui a fait 52 morts et 70 blessés graves.
   Ces infirmières et ces brancardiers du dispensaire de la Croix-Rouge de la rue Belin s'étaient réfugiés dans une cave-abri de la Place Luton frappée de plein fouet par une bombe.


La plaque en hommage aux personnels soignants inaugurée en 2020

   Le 13 juillet 2020, à la sortie du confinement imposé par l'épidémie de la COVID-19 et dans le cadre de la célébration de la Fête nationale, une plaque commémorative a été inaugurée au pied du monument aux infirmières de Reims pour remercier les personnels soignants.

                                     « Nous le devons en respect à tous les soignants qui se sont battus pour nous et ont payé lourdement le prix.
                                      Il nous appartient de ne pas les mettre à nouveau en danger. »
                                                                                                                                             Jacques LUCBÉREILH, sous-préfet de Reims

Un lieu de mémoire et de commémoration

   Le monument aux infirmières de Reims a été un lieu de mémoire où les Rémois et leurs élus venaient chaque année se recueillir et déposer des gerbes de fleurs à l'occasion de la fête nationale et des commémorations liées aux deux guerres mondiales. Depuis quelques années, l'allongement de la durée des cérémonies devant le monument aux morts qui désormais donnent lieu à des remises de médailles délivrées dans le cadre des opérations extérieures (OPEX), mais aussi la difficulté d'accéder au monument situé au centre d'un rond-point de plus en plus fréquenté ont conduit à limiter le nombre des commémorations en ce lieu.



L'Union, 9 mars 2016

   En 2016, à l’initiative de Josy COTTEZ, secrétaire du Comité rémois du Souvenir Français, et de Catherine VAUTRIN, présidente de l’agglomération, la Ville de Reims a entrepris de célébrer désormais chaque année le 8 mars la Journée internationale des droits des femmes devant le monument
.
« Les infirmières de la Première guerre mondiale à cette occasion, constituèrent un recrutement hétérogène et diversifié : bénévoles ou salariées, civiles ou militaires, laïques ou religieuses, formées de façon sommaire ou qualifiées, issues de l’aristocratie ou des milieux ouvrier et paysan. Mais elles réalisèrent une Union sacrée des soignants au service de la Grande Guerre »

                                                                                                                                                                                                                                                                  Josy COTTEZ

   Le 8 mars 2023, la célébration de la Journée internationale des droits des femmes s'est déroulée en présence de Patricia MIRALLÈS, secrétaire d’État auprès du ministre des Armées chargée des Anciens combattants et de la Mémoire, de Serge BARCELLINI, Contrôleur général des Armées et président national du Souvenir Français et d'Henri PRÉVOST, préfet de la Marne.


                                        À gauche, Patricia Mirallès, secrétaire d'État chargée des Anciens combattants et de la Mémoire, et Henri Prévost, préfet de la Marne
                                        À droite, Serge Barcellini, président national du Souvenir Français

La tempête de 1999 et le ravalement de 2005

   La tempête de décembre 1999 a arraché les arbres dont les feuillages masquaient en partie le monument, désormais bien dégagé.

    En 2005, à l'occasion du 60e anniversaire de la Victoire alliée de 1945, la Ville de Reims a fait ravaler le monument.

Autres monuments dédiés aux infirmières recensés en France

     Alors que le monument de Reims était dédié à toutes les infirmières des pays alliés, d'autres initiatives ont vu le jour pour honorer plus spécifiquement les infirmières françaises.
     En 1922, un projet de monument aux infirmières françaises a été présenté par Charles WALHAIN à Paris au Salon de la Société des artistes français où il a reçu une médaille, mais ce projet n'a pas abouti malgré l'intérêt qu'il a suscité, parce que les associations d'anciens combattants souhaitaient privilégier l'œuvre d'un artiste ancien combattant.

La maquette du projet de monument aux infirmières françaises
La Liberté, 17 juillet 1922

   À défaut de monument parisien dédié aux infirmières françaises, un bas-relief leur a rendu hommage au siège de l'Union des Femmes de France 102, boulevard Malesherbes à Paris.

Le général Gouraud remet la rosette d'officier de la Légion d'honneur à Madame Barbier-Hugo,
présidente générale de l'Union des Femmes de France au siège de cette organisation
L'Excelsior, 30 janvier 1932

 

La Fontaine du Souvenir de Chaulnes (Somme) - 1922

Sur le site du Souvenir Français

« En souvenir
de la collaboration de la Croix-Rouge américaine
et de l'Union des femmes de France
Croix Rouge de France
à Chaulnes ressuscité
1917-1919 »

      La Fontaine du Souvenir érigée à Chaulnes (Somme) à l'initiative de l'Union des Femmes de France (UFF) et grâce à des dons de la Croix-Rouge américaine, est l'œuvre de la sculptrice Berthe GIRARDET. Inauguré le 4 décembre 1922, le monument rend hommage à l'aide apportée aux habitants de ce bourg picard qui avait particulièrement souffert pendant la 1ère guerre mondiale. Village détruit de la « zone rouge » du Santerre, Chaulnes a été reconstruit grâce à la détermination de ses habitants.

  « Que l’eau qui s’écoule dans la vasque soit un symbole destiné à laver les souillures subies par la malheureuse cité. Que l’infirmière qui tient amoureusement un enfant de Chaulnes dans ses bras rappelle tous ceux qu’elle a sauvés » .
                                                                                                                                  M. VERNES, délégué de la Croix-Rouge de la Somme , le 4 décembre 1922

   Aujourd'hui, l'eau ne coule plus à la Fontaine du Souvenir de Chaulnes qui demeure un monument commémoratif.


Le monument « Aux infirmières françaises » de Berck (Pas-de-Calais) - 1924

Le Grand écho du Nord de la France, 9 octobre 1924

Sur le site officiel de la commune de Berck-sur-Mer

  « Monument érigé à la gloire des infirmières françaises blessées ou mortes au champ d'honneur lors de la Première Guerre mondiale, en hommage à leur dévouement et leur patriotisme », ce monument a été inauguré à Berck-Plage le 23 novembre 1924, quelques jours après l'inauguration du monument de Reims. Élevé à l'initiative de Lucien DUVET et de l'Association Amicale des combattants de la Grande Guerre de la région de Berck, il est l'œuvre de Robert JOURDAIN DE L'ETOILLE, président de l'Union des combattants d'Argoules (Somme).


Le monument « Aux infirmières militaires de France » de Pierrefonds (Oise) - 1955

(Photographie communiquée par Jean-Pierre Boureux)

   Dédié « Aux infirmières militaires », ce monument a été érigé en 1955 à l'initiative des « anciens combattants reconnaissants » à Pierrefonds (Oise), dans le parc de l'Hôtel des Bains, transformé en ambulance chirurgicale pendant la 1ère guerre mondiale, à l'endroit où l'infirmière Elisabeth JALAGUIER a été tuée le 20 août 1918 lors d'un bombardement aérien.

« À Elisabeth Jalaguier,
animée du plus bel esprit de sacrifice et du plus pur idéal patriotique,
fut tuée à son poste au milieu des blessés qu'elle réconfortait par sa présence
et par ses soins au cours d'un bombardement aérien.
Clemenceau »

   Après le bombardement de 1918, une pierre blanche a été posée à l’endroit précis où cette infirmière avait été tuée, puis en 1933, une souscription a été lancée pour l'érection d'un monument sur le site qui a été vendu en 1954 à l’Union Nationale des Combattants par la société propriétaire du parc. Le monument, inauguré en 1955, intègre une statue en bronze réalisée d’après un projet en plâtre du sculpteur REAL DEL SARTE, retrouvé dans les caves du château et exposé aujourd’hui dans l’église Saint-Sulpice de Pierrefonds.
   En 1996, ce monument rétrocédé à la Ville de Pierrefonds a été restauré.


Sources documentaires
(Classement chronologique)

- Délibérations du Conseil municipal de Reims (1922 et 1944), Service de documentation de la Ville de Reims.
Livre d'Or des nobles femmes tombées au champ d'honneur
conservé dans les archives de la Croix-Rouge française à Reims, remis en 2005 à la Ville de Reims et déposé aux Archives municipales et communautaires de la Ville de Reims.
" Lives of First World War ", sur le site de l'Imperial War Museum.
- L'Éclaireur de l'Est, 30 mai 1944.
- Rapport du préfet de la Marne au ministre de l'Intérieur daté du 30 juin 1944, Archives départementales de la Marne, M 2336.
- Matthieu GERBAULT et André KILLIAN, La Croix-Rouge française à Reims (1870-1948), catalogue de l'exposition présentée à la Bibliothèque Carnegie, Bibliothèque de Reims et  Délégation départementale de la Croix-Rouge française, 2005.
- Daniel PELLUS, La Marne dans la guerre 1939-1945, Horvath, 1987.
Jean-Pierre BOUREUX, " Hommage aux infirmières de la Première Guerre mondiale : Reims, Pierrefonds et dans les cœurs ", 11 novembre 2011.
" Les infirmières dans la Grande Guerre ", dossier coordonné par Yasmina Duharzoune et Christophe Debout, dans la revue Soins, numéro 786, juin 2014.
Antoine PARDESSUS, " En pensant aux femmes, et en particulier aux infirmières ", L'Union, 9 mars 2016.
Hervé CHABAUD, " Sézanne, les Fany, le monde combarttant n'ont pas oublié Evelyn Shaw, sur le blog « L'Histoire en Rafale », 24 août 2018.
Alain GIROD, " Evelyne Figeon SHAW ", MémorialGenweb, 5 octobre 2020.
" La Quatrième Armée ", sur le site du Souvenir Français, 30 avril 2020.
Vivien NEWMAN, We also served. The forgotten women of the First World War, Pen and Sword, 2022.

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